vendredi 16 octobre 2009

Ça déboule encore

En quelques jours, tout a basculé. J'aurais du m'en douter, en fait, je m'en doutais, j'avais un feeling étrange que certains appellent l'intuition. Moi, je pense que je ne me fais pas assez confiance pour l'écouter.



L est devenu de plus en plus tordu, l'aspect personnage en lui devenant parfois un peu trop exacerbé. Du même coup, j'ai eu un immense besoin de stabilité, de normalité, comme si pour bien m'intégrer ici, je devais faire un peu comme tout le monde. Je sais, je ne suis pas comme tout le monde, mais parfois, c'est bon de se conformer, ça a quelque chose de rassurant. Un soir, tout a explosé. En deux jours, j'étais partie. Une semaine plus tard, j'emménageais dans un 4 1/2 dans le village de Saint-Jean-de-Dieu (le village, pas l'hôpital psychiatrique!). Quand les changements arrivent aussi vite, c'est bon de pouvoir compter sur un vieux pick-up, même si celui-ci a besoin qu'on lui fasse la passe du tournevis pour démarrer (le pire temps pour les vieux moteurs à carbu, c'est l'automne...pas génial le cocktail froid/pluie).



J'ai quand même assuré comme une pro là-dessus. D'autant plus que j'ai continué à travailler, ce qui m'a valu une grippe (deux jours à visiter des fermes avec de la fièvre) qui a évolué vers une sinusite d'une rare intensité, mon système immunitaire ayant été un peu poussé à ses limites par la fatigue.



"Il sent bon mon ensilage non?" (et moi, déçue, je lui réplique que je ne suis pas en état de juger, mais qu'à le regarder, il a l'air beau...)



Ma médecin de mère a volé à ma rescousse en me prescrivant un traitement antibiotique avant que j'aie l'idée de m'injecter une dose de cheval de pénicilline blanche dans le muscle de la joue. J'ai longtemps eu un problème moral à passer devant tout le monde, n'ayant pas à attendre des heures, voire des jours à l'urgence pour une bénigne infection. Mais bon, aujourd'hui, je suis heureuse de pouvoir compter sur ma maman pour ça. Ce n'était vraiment pas le temps de me pointer dans un hôpital avec des symptômes grippaux... Pas envie qu'on me mette officiellement en isolement, je suis déjà assez isolée comme ça!

Du reste, je suis une vraie workoholic! J'aime ma job, et je commence à aimer les vaches aussi, même les noires et blanches... En gros, je passe mon temps sur les routes de campagne et dans les étables, et j'apprends beaucoup. Et une fois de temps en temps, je zieute les fermes ovines sur mon passage, et je regarde les doudounes brouter dans le champs. Dans quelques années, ce seront les miennes. Je le sais.