mercredi 21 octobre 2009

Le leçon de la perdrix

J'aime don ben ma job. Ok. J'aimerais vraiment avoir mes animaux à moi. J'ai un surplus d'amour pour toutes ces vaches que je croise, mais en général, l'acte le plus intime que je pose en leur présence, c'est prendre leur circonférence thoracique. Parfois, je les caresse un peu, je ne peux pas m'en empêcher...

Mais bon, j'aime ma job, c'est ça que je disais. Je fais du char dans les fonds de rang les plus reculés, je visite des personnes qui n'ont pratiquement jamais de visite (ça peut être cool comme ça peut être moins cool) et je vis des aventures singulières.

Par exemple, l'autre jour, je devais me rendre chez un producteur dans le 10e rang d'Auclair. Comme d'habitude, avant de partir, je regarde ma carte du coin et j'essaie de trouver le chemin le plus court pour me rendre à destination. J'ai le choix entre une route numérotée, qui fait un grand détour avant de déboucher sur le village d'Auclair, ou bien un petit chemin qui doit être en garnotte en toute logique qui débouche en théorie sur le 12e rang. Mon habileté hors du commun pour choisir le chemin le plus difficile en croyant que c'est la meilleure chose à faire me mène donc sur la route du 12e, on s'en doute bien!

Je roule un bon bout avec ma Tercel dans et je m'enfonce dans un paysage plus sauvage que champêtre. Je dois freiner raide un coup pour éviter une perdrix qui semble vraiment surprise de me voir là. Je découvre plein de petits coins de paradis et je me dis que la nuit, ici, il doit faire vraiment noir, et l'hiver, vraiment froid. Le genre d'endroit qui devient un univers merveilleux lorsqu'on y grandit.

Plus je vais loin et plus je me dis que cette route ne débouchera jamais sur rien. Mais j'ai confiance en ma carte, et il y a encore des poteaux d'électricité qui bordent le chemin (donc, des gens qui habitent dans le coin). Je monte une grande côte et finalement, je me rends jusqu'à une cabane à sucre (fin des poteaux d'électricité).

Je ne me serais jamais lâchée dans la route qui continuait, même en 4 roues. Enfin si, à dos d'âne, probablement. Mais là, j'étais avec Lady, et bien que ses jours soient comptés avant qu'elle ne finisse au programme "adieu bazou", j'en ai besoin. Qui plus est, je doute fort de la capacité de mon cellulaire à détecter un service dans cet endroit, je dois bien être à plusieurs heures de marche d'un bon vieux téléphone de maison avec un fil et je me vois mal expliquer à la madame du CAA que mon char est enlisé dans la bouette à des kilomètres de la civilisation, sans adresse civique ni intersection à proximité (euh...j'peux vous donner des coordonnées GPS peut-être?).

J'ai donc rebroussé chemin et effectué près de 20 km pour rejoindre la route numérotée. Leçon apprise: ce n'est pas parce qu'une route est sur une carte qu'elle est praticable... J'aurais du demander mon chemin à la perdrix!