Déjà février qui file, je commence à compter les dodos jusqu'au jour où je sortirai Dolores de son banc de neige. Je n'ai pas l'intention de déménager, je n'ai pas vraiment besoin de mon pick-up, mais il est hors de question que je m'en départisse. J'ai plutôt envie de lui refaire une beauté; des pneus d'été tout neufs, quelques coups de buffer, un p'tit peu de putty par ici, une p'tite job de peinture, un changement d'huile, quelques ajustements, une nouvelle paire de vice grip dans le coffre à gants, un nettoyage de fond en comble de la cabine. Comme ça, le dimanche après-midi, je pourrai aller faire une tournée en ville avec elle, rouler les vitres baissées, la musique à fond et le moteur qui gronde. Vivement l'été!
Bien qu'on soit encore officiellement en hiver, il fait incroyablement doux. Tellement que les gars commencent déjà à courir avec leur drill dans les érablières. On est tenté de parler de l'hiver au passé. Allons, je me laisse prendre au jeu...
Ce fut un hiver facile. À peine une tempête de neige, un vendredi. J'ai alors eu l'occasion de tester les performances de Suzanne dans des conditions extrêmes: les rangs de St-Éloi. C'est bien connu par ici, si vous voulez voir des chemins biens entretenus, n'allez pas à St-Éloi. On n'a même pas besoin de la p'tite pancarte verte pour savoir qu'on est entré sur le territoire de la municipalité; suffit de regarder l'état des routes.
Néanmoins, je passe régulièrement par les rangs, et à des heures où même le plus vaillant des déneigeurs n'a pas encore eu le temps de passer. Et Suzanne, elle assure. Tellement que j'en fais pratiquement des épisodes de rage au volant. Soyez rassurés, je me contrôle très bien. Jamais vous ne me verrez lever un doigt d'honneur envers le gars qui roule à 60 km/h dans son Accent avec des pneus 4 saisons. J'attend patiemment le moment opportun pour dépasser pépère qui croit dur comme fer que son Impala plafonne à 70km/h sur une route droite bien dégagée. Mais j'apprécie tellement les jours où il fait réellement mauvais car ces jours-là, des bretteux, il n'y en a pas; il restent chez eux, et c'est tant mieux.
En fait, je n'ai pas si hâte que ça à l'été moi. Mes producteurs vont être soudainement très occuppés, difficiles à rejoindre. La 132 sera envahie par des touristes qui regardent le paysage au lieu de conduire, et les rangs par des tracteurs tirant diverses machineries, en fonction du moment de la saison. Entre les touristes et les tracteurs, je préfère nettement les tracteurs. Je rêve mieux en suivant un tracteur...
dimanche 21 février 2010
samedi 6 février 2010
Crise d'identité 2
Il y a quelque chose qui cloche chez moi. Oh! Ce n'est rien de dramatique, ma routine a à peine changé. Je travaille toujours à des heures irrégulières, je passe beaucoup trop de temps derrière le volant, je suis toujours aussi bordellique et je panique chaque vendredi en me disant: "Ok! En fin de semaine, il faut vraiment que je me tape un blitz de ménage!". J'ai introduit un lave-vaisselle dans ma cuisine (qui a dit que j'étais écolo???), je me suis fait livré une laveuse et une sécheuse toutes neuves, et j'ai troqué mon vieux futon contre un matelas queen hi-tech, rien de moins! Mais tout ça, ce n'est rien. Il se passe quelque chose. Un bouleversement totalement inattendu.
Depuis un mois, il y a deux brosses à dents dans la salle de bain. Je n'y ai accordé que peu d'attention au premier abord. Mais voilà, il y a quelques semaines, en quittant la maison, j'ai remarqué qu'une paire de boxer sales traînaient sur le congélateur, à côté d'une paire de bas. Ils sont disparus par eux-mêmes au cours de la journée, sauf qu'il est ensuite apparu une drill, une scie sauteuse, un niveau, une équerre, un marteau supplémentaire, des boìtes de vis, une clé 9/16 et plein de petits objets utiles dans le genre. Alors que je poussais un peu plus loin mon investigation, une pharmacie s'est installée dans la salle de bain, et d'elle-même, elle s'est remplie d'un côté d'élastiques à cheveux, de barettes, de bouteilles d'huiles essentielles, et de l'autre côté, d'un rasoir avec tous ses accessoires, un déo, de la mousse à raser. Sans que je ne voie cela venir, du boeuf est apparu aux côtés de mon agneau dans le congélo, et un pichet à lait est apparu dans mon frigo, remplaçant les 4 litres en sacs que j'achetais chaque semaine. Et je me suis dit: "Mais qu'est-ce qui est en train de m'arriver???".
Alors que Java me pétait une crise de jalousie profonde, j'ai constaté que le gros du changement se passait à l'intérieur de moi. Pourquoi mon rythme cardiaque augmentait-il significativement chaque fois que je passais devant une certaine ferme? En quel honneur avais-je soudainement envie de cuisiner pour 2 tous les soirs (et où donc disparaissaient les restants???)? D'où venait cette secrète envie d'entendre la porte d'entrée s'ouvrir d'elle-même en début de soirée?
J'ai du me rendre à l'évidence; quelqu'un ici-bas ne me laisse pas indifférente. Quelqu'un, oui, et pas quelqu'une! Contre toute attente, je suis tombée dans le piège. Un piège bien douillet...
Et tranquilement, je me laisse intégrer ici. En restant moi-même (paraît qu'on n'est rarement ce que l'on croit), timidement, je laisse mes racines toucher cette terre que j'avais cessé d'espérer habiter. On dirait que je vais faire un p'tit bout de chemin ici.
Depuis un mois, il y a deux brosses à dents dans la salle de bain. Je n'y ai accordé que peu d'attention au premier abord. Mais voilà, il y a quelques semaines, en quittant la maison, j'ai remarqué qu'une paire de boxer sales traînaient sur le congélateur, à côté d'une paire de bas. Ils sont disparus par eux-mêmes au cours de la journée, sauf qu'il est ensuite apparu une drill, une scie sauteuse, un niveau, une équerre, un marteau supplémentaire, des boìtes de vis, une clé 9/16 et plein de petits objets utiles dans le genre. Alors que je poussais un peu plus loin mon investigation, une pharmacie s'est installée dans la salle de bain, et d'elle-même, elle s'est remplie d'un côté d'élastiques à cheveux, de barettes, de bouteilles d'huiles essentielles, et de l'autre côté, d'un rasoir avec tous ses accessoires, un déo, de la mousse à raser. Sans que je ne voie cela venir, du boeuf est apparu aux côtés de mon agneau dans le congélo, et un pichet à lait est apparu dans mon frigo, remplaçant les 4 litres en sacs que j'achetais chaque semaine. Et je me suis dit: "Mais qu'est-ce qui est en train de m'arriver???".
Alors que Java me pétait une crise de jalousie profonde, j'ai constaté que le gros du changement se passait à l'intérieur de moi. Pourquoi mon rythme cardiaque augmentait-il significativement chaque fois que je passais devant une certaine ferme? En quel honneur avais-je soudainement envie de cuisiner pour 2 tous les soirs (et où donc disparaissaient les restants???)? D'où venait cette secrète envie d'entendre la porte d'entrée s'ouvrir d'elle-même en début de soirée?
J'ai du me rendre à l'évidence; quelqu'un ici-bas ne me laisse pas indifférente. Quelqu'un, oui, et pas quelqu'une! Contre toute attente, je suis tombée dans le piège. Un piège bien douillet...
Et tranquilement, je me laisse intégrer ici. En restant moi-même (paraît qu'on n'est rarement ce que l'on croit), timidement, je laisse mes racines toucher cette terre que j'avais cessé d'espérer habiter. On dirait que je vais faire un p'tit bout de chemin ici.
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