Je pense que si j'étais une balle de laine, il serait marqué sur mon étiquette "100% fibre inconnue". Oui oui, il y a une suite à mon histoire décousue...
J'appellais donc ma maman pour la fête en question. Pas que je trouve franchement important de participer à cette foire commerciale, je pense que je pourrais mériter quelques porte-clefs des "matérialistes anonymes", seulement, je pense que pour ma mère qui vient tout juste de perdre sa mère, c'est important cette année de savoir que sa fille pense à elle.
Maman me parle un peu de sa p'tite vie de workoholic, des suites du décès de grand-maman, de ses p'tits bobos... (En effet, passé 50 ans, les mères se mettent à nous relater leurs problèmes de santé plus souvent. La mienne étant médecin, elle y ajoute sans gène des détails croustillants de réalisme. Passons.)
À un moment donné, maman me mentionne qu'il faudrait que quelqu'un habite la maison des grands-parents le temps que les affaires se règlent, une question d'assurances. Ai-je bien entendu? Un logement gratuit? Faut investiguer, en discuter avec la famille, c'est certain, mais je trouve que ça tombe pile-poil pour moi...
Finalement, je conviens avec maman que pour la fête des mères, j'irais lui faire son jardin. En cadeau, je lui apporte 2 poches de fumier de mouton. Jamais j'aurais pensé donner un truck de marde à ma mère en une telle occasion, mais bon, ça lui fait plaisir...
Alors, qu'est-ce qui m'arrive dans les prochains mois? Peut-être que je devrai momentannément délaisser le mouton et toute l'aura qui vient avec le titre de bergère. Mais bon, si c'est pour mettre un peu d'argent de côté... Bergère, c'est loin d'être payant! J'ai beau me dire que l'important, c'est de vivre, et croire très fort que l'argent, c'est mal, ça pourrit les gens, n'empêche que de pouvoir enfin faire une épicerie "spontanée", ce serait génial... Sans compter mes projets de voyage...
Qu'est-ce que je suis fatiguée moi! Ça suffit le blogue, c'est le temps d'aller au lit!
mardi 12 mai 2009
dimanche 10 mai 2009
Patinage et crise de foie

Sentez-vous cette singulière odeur? Ce p'tit truc à la fois familier et exotique, qui rappelle les fois où on est désorienté et où on se demande si on est en train de tourner en rond ou bien d'aller de l'avant... Oui, c'est ça! Ça sent le changement! Moi, prendre un break? On dirait ben que jamais d'la vie!
Mardi matin, V. (l'autre bergère, ma coloc pour le moment) décide de rencontrer les patrons histoire de savoir un peu où est-ce qu'on s'en va. Depuis plusieurs mois, il était convenu que V. emménagerait le 1er juillet dans un 3 1/2 que le boss est censé faire construire. Mais les travaux ne sont toujours pas entamés. Et moi dans tout ça? Bof, on va bien s'arranger...
De retour de sa rencontre au sommet, V. m'annonce que j'ai rendez-vous avec le boss à 15h. Je me mets à paniquer. En ne voulant pas me stresser avec la vie, j'ai complètement oublié de penser à ce que je voulais vraiment. Je n'ai aucun objectif clair dans ma tête, j'ai l'impression que je vais me faire bouffer toute crue dans les négociations. Je sais que l'ouvrage en bergerie va bientôt commencer à manquer pour 2 personnes, et j'aperçois le spectre du comptoir de vente de fromage dans l'embrasure de la porte. Je suis excellente avec le public, parfaite bilingue et je sais faire balancer une caisse comme personne. Mais j'ai aussi un DEC en GEEA (et des dettes pour des études qui ne me servent actuellement à rien), une passion pour l'élevage et le goût de voyager qui me prend au ventre comme une envie d'chier. Je veux rester ou bien je veux partir? Est-ce que je peux trouver mieux ailleurs? Hé ho! J'aimerais bien comprendre moi-là où c'est qu'elle veut en venir ma vie!
Je n'arrive pas à faire la sieste. J'esquisse une grille Excel pour essayer d'être rationnelle. J'appelle des amis pour avoir des conseils, mais en général, ça dépasse tout le monde. L'heure fatidique arrive et je ne sais toujours pas ce que je veux. Peu importe, advienne que pourra, j'y vais.
J'arrive à la porte de l'immense manoir de mon boss. Il m'attend sur le pas en donnant des ordres brefs à son téléphone sans fil. Il raccroche; c'était le notaire. Il me dit de m'asseoir au soleil, disparaît dans la cuisine et revient avec deux bières. Pschiit! Pschiit!
-Pis Andréane, tu vois ça comment l'avenir?
-Euh, à long terme, à court terme??? (double axel)
-Ben à long terme mettons...
-Ça veut dire quoi long terme? (triple boucle piqué)
-Ben long terme là...
-Euh, ben on parle de mois, d'années? (Elle s'avance avec la rondelle...)
-Mettons 2009.
-Ben, j'aimerais ça faire quelque chose que j'aime... (Rate le but)
La conversation tourne en rond, je patine comme un enfant avec une chaise dans un champ mal drainé. Et mon boss fait pareil. Rien de concret ne ressort de la discussion. Mon boss parle de projets d'avenir, de moutons dans des ascenseurs, de frottage de Mignerons, de F-150, de paëlla... Ok. Aujourd'hui, j'ai échoué. Demain est un autre jour.
V. et moi sommes invitées à souper chez lui le soir-même. Bon souper, très bien arrosé, un peu noyé même, comme une patinoire qui fond au soleil... En enfourchant mon vélo pour rentrer, je me dis que le lever du corps sera difficile le lendemain.
5h15. Mon réveil sonne. Une sensation bizzarre me saisit par le cou. Snooze. (Le snooze, c'est bien connu, est une invention du diable.)
5h25. Je me botte le cul très fort, mets mon linge de bergerie et je tombe dans mon lit. Allez, un p'tit effort, je monte à la cuisine, me verse un verre de jus d'orange, prépare le café. J'ai mal au coeur. Si seulement j'avais un dalot pour gerber... Vomir sur litière accumulée, c'est ordinaire pas mal...
V. se lève, fraîche comme une rose...ou presque. J'ai du mal à lui parler. Une gorgée de jus. Un haut-le-coeur. Deuxième gorgée de jus. Vite, aux toilettes!!!
Je passe au bout du compte une journée de merde à essayer de garder un verre d'eau avec une Advil. Même pas moyen de regarder la télé, ça me fait vomir ce que je n'ai pas dans l'estomac. J'arrive à garder une soupe poulet et nouilles à 17h seulement.
Moi qui pensais que les choses allaient bouger... Je ne regardais peut-être pas au bon endroit. Tiens donc, c'est la fête des mères ce dimanche, et je serai en congé jeudi-vendredi-samedi. C'est le temps de faire mon devoir de fille et d'appeller ma mère (gargouillis louches me rappellant de m'en tenir à la soupe aux nouilles, bien que la crème glacée m'appelle depuis le congélo).
lundi 4 mai 2009
Cogito ergo sum
Je l'avoue, je vis un brin de panique. Les jours passent très vite, je vis de nouvelles aventures à chaque instant. Tantôt, c'est un tuyau de louve qui se débranche, déversant un flux intarrissable de lait en poudre sur le plancher de la pouponnière, une autre fois, c'est une groupe d'agnelles qui semble halluciner des fantômes dans la bergerie... Les traites s'enchaînent, les agnelles apprennent la routine, et moi, je compte les coups de pompe; 12 litres de produits à chaque fois. C'est quand même magique l'agriculture, à chaque jour, mes brebis transforment du foin en lait (et la terre a faite pousser ce foin l'an passé, c'est incroyable quand on y pense!). Mais bon, moi, je ne comprends toujours pas pourquoi, j'ai besoin de plus d'aventures. Ma vie est déjà assez instable comme cela, pourquoi suis-je aussi insatiable?
Le premier juillet, je n'aurai plus de logement. En fait, je ne sais pas exactement où j'habiterai, plusieurs possibilités sont sur la table; ça va du chalet rustique à la tente, en passant par l'aménagement de Dolores en maison roulante. Je dois me débarrasser des 3 voyages de pick-up que j'ai déménagés ce printemps, réussir à vivre avec moins pour profiter plus, pour être plus flexible. En même temps, je sens un urgent besoin de voyager, et j'ai un peu honte de mes grands projets. Qu'est-ce que ça donne de faire le tour du monde quand au fond, je sais très bien que le bonheur me pend au bout du nez? Qu'est-ce que je poursuis tant à vouloir parcourir des milliers de kilomètres, à qui ai-je quoi que ce soit à prouver?
Dans ma tête, je joue avec les projets. Sur mon ordi, je budgète mille et une possibilités dans des grilles Excel. Je pense et le pense en essayant très fort de ne pas me retrouver face à face avec les milliards de chemins que je pourrais suivre, provoquant ainsi la vertigineuse sensation de l'immensité de l'Univers, un truc qui me fait vraiment peur par moments... Un professeur de développement social m'avait un jour cité une phrase, j'ai oublié de qui c'était: "Quand on arrive à un carrefour, il faut le prendre." All right, je le prends!
Alors entre les nouvelles p'tites balles carrées qui sentent la chèvre et le remplacement de quelques manchons trayeurs, je contemple un arc-en-ciel couronnant les pâturages verdoyants. C'est don beau la vie quand on ne s'inquiète pas!
Le premier juillet, je n'aurai plus de logement. En fait, je ne sais pas exactement où j'habiterai, plusieurs possibilités sont sur la table; ça va du chalet rustique à la tente, en passant par l'aménagement de Dolores en maison roulante. Je dois me débarrasser des 3 voyages de pick-up que j'ai déménagés ce printemps, réussir à vivre avec moins pour profiter plus, pour être plus flexible. En même temps, je sens un urgent besoin de voyager, et j'ai un peu honte de mes grands projets. Qu'est-ce que ça donne de faire le tour du monde quand au fond, je sais très bien que le bonheur me pend au bout du nez? Qu'est-ce que je poursuis tant à vouloir parcourir des milliers de kilomètres, à qui ai-je quoi que ce soit à prouver?
Dans ma tête, je joue avec les projets. Sur mon ordi, je budgète mille et une possibilités dans des grilles Excel. Je pense et le pense en essayant très fort de ne pas me retrouver face à face avec les milliards de chemins que je pourrais suivre, provoquant ainsi la vertigineuse sensation de l'immensité de l'Univers, un truc qui me fait vraiment peur par moments... Un professeur de développement social m'avait un jour cité une phrase, j'ai oublié de qui c'était: "Quand on arrive à un carrefour, il faut le prendre." All right, je le prends!
Alors entre les nouvelles p'tites balles carrées qui sentent la chèvre et le remplacement de quelques manchons trayeurs, je contemple un arc-en-ciel couronnant les pâturages verdoyants. C'est don beau la vie quand on ne s'inquiète pas!
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