Mon blogue traverse une grave crise d'identité.
D'abord, je n'ai plus de moutons. C'est dur pour l'âme de bergère. Il arrive même que je fasse des lapsus en mêlant "vêlage" et "agnelage", "génisses" et "agnelles", ou même "taureau" et "bélier". Je travaille énormément, mais avec des gens. Ça a beaucoup en commun, mais ça demande de la patience, du savoir-vivre, du tact. Il faut apprendre leur langage, comprendre comment ils pensent, te faire accepter par eux. Et puis, il y a tout ce qui vient avec; la paperasse, l'informatique, les conventions, les sous-entendus et mille et une autres manières de se compliquer la vie. Ils sont bons là-dedans les humains.
Moi par contre, j'ai des humains bien particuliers: des producteurs laitiers. C'est une race de grande valeur, malheureusement en voie d'extinction. Ils parlent une langue bien à eux, pas toujours verbale, et ne sont pas très verbo-moteurs (contrairement à moi!). Souvent, ils ont l'air fâchés, mais en fait, il leur arrive de plonger dans un état proche du somnambulisme quand ils sont très occuppés. Ça leur permet de fonctionner assez efficacement malgré de longues périodes sans sommeil. J'en apprends tous les jours sur eux, et ils arrivent à me surprendre tellement souvent! Mais ce ne sont pas des moutons, loin de là. Leur esprit d'indépendance est très fort bien que ce soit des gens solidaires qui ont à coeur le bien de l'humanité toute entière.
L'autre raison de la crise sur mon blogue, c'est Dolores qui est en remisage. Elle me manque, mais Suzanne est tellement d'une efficacité remarquable qu'il m'arrive de ne plus penser à Dolo certains jours. Fini les histoires de vieux chars! De plus, l'hiver est d'une clémence hallucinante; pas de danger de rester pris dans une tempête...
Mais en même temps, ma vie n'est pas plate. Loin de là! Je vis plein de petits moments magiques... Je peux par exemple vous dire que si on quitte Squatec au moment où le soleil commence à descendre, on arrive en haut de la côte à Sainte-Rita au moment le plus flamboyant du coucher de soleil. Cette lumière nous enveloppe et s'en va mourir tranquilement au loin, dans le rang de la Société, provoquant une vision idyllique d'une montée d'écureur à contre-jour dans le froid hivernal. Un pur délire!
En fait, l'hiver est tout doux. Et ça se prend bien! Peu m'importe de devenir un p'tit peu plate pour quelques mois, j'ai besoin de me reposer un peu. Alors je bois de la tisane à la santé de tous ceux qui n'aiment pas l'hiver...
vendredi 22 janvier 2010
dimanche 10 janvier 2010
Mea culpa de décembre
Pardonnez-moi car j'ai péché. Je suis rongée par les remors. Et pour ajouter au pathétisme de l'histoire, j'ai plein de raisons pour expliquer mon absence électronique des dernières semaines...
Tout ça remonte à il y a 26 ans. À cette époque, je vivais bien au chaud dans un utérus douillet; meublé, chauffé (je ne voyais pas encore l'utilité de l'éclairer), j'avais même les repas de compris sans que j'aie à lever le p'tit doigt. Mais ceux qui me connaissent savent pertinemment que je ne suis pas du genre à me contenter dans le confort. Ma soif de découvrir, d'élargir mes horizons me pousse toujours à me mettre dans des situations pas possibles où je dois faire preuve d'inventivité et de débrouillardise afin de survivre.
Toujours est-il que de là, j'entendais toutes sortes de bruits étranges, je sentais que ça bougeait, et peu à peu, ma curiosité l'a emporté. Je sentais que quelque chose de gros se préparait dehors, si bien que par une froide soirée de la fin de décembre, j'ai décidé de casser mon bail, de sacrer mon camp et de partir à l'aventure pour la première fois. J'aime ça le trouble ça a l'air!
Le choc a été terrible; le frette, la neige, le suit one-piece, les becs de matante... Tout ça dans un décor hallucinant de lumières multicolores, avec un fond de musique redondant. Je me suis retrouvée dans la campagne la plus sauvage; il y avait jusqu'à un arbre dans ma maison! Je crois que j'ai du faire des associations négatives dans mon esprit concernant le temps des fêtes. Et c'est de là que ça date. Je n'aime pas ça Noël. Fuck la magie, les tits-lutins, le gros barbu en rouge, le ragoût de pattes, la bûche, la messe de minuit, les party de famille, le rouge pis le vert; tout ça ne fait que me rappeller mon calvaire originel. J'ai envie de sauter dans la face à toutes les p'tites madames des bureaux gouvernementaux qui me traite de "cadeau de Noël" ou de "p'tit Jésus" quand je leur dis ma date de naissance. J'ai même plus envie d'être contente quand une matante a la oh! combien originale idée de mettre des bougies sur la bûche et de faire chanter "Bonne fête Andréane" à toute la tablée qui n'en a rien à foutre!
Mon mois de décembre a été terrible. Afin d'oublier que c'était le temps des fêtes, je me suis mise à travailler. Les alcooliques boivent, moi, je travaille; c'est un peu plus valorisé en société. Et bon, je n'ai pas eu le temps d'écrire mon blogue. Alors toutes mes excuses à mes lecteurs accros (je suis quand même surprise d'en avoir réellement!). Je ne voulais juste pas vous faire chier avec mon dégoût de ce temps de merde où on n'a socialement pas le droit d'être mécontent ou malheureux.
Parenthèse inutile
Tout ça me rappelle quelque chose. En 1995, j'étais tranquilement assise dans mon cours d'écologie, secondaire 1. La prof (qui attachait ses longs cheveux gris à la hauteur de la nuque, portait des gilets de coton ouaté avec des loups dessus, sentait le off! régions sauvages et conduisait une vieille Volvo) s'était mise à nous parler d'un truc qui allait bientôt révolutionner notre manière de communiquer: internet. L'adolescente que j'étais alors s'est exclamée tout bas :"Yeah right! pis on va avoir des chars volants en l'an 2000...". 15 ans plus tard, je tiens un blogue, j'ai quelques comptes Facebook, une couple d'adresses courriel, et une flopée d'amis virtuels. J'suis peut-être pas aussi accro que certaines personnes, mais quand même, j'me fais peur parfois. J'ai sorti la télé de ma maison, mais j'suis passée récemment à la haute vitesse. On n'arrête pas le progrès!
Alors voilà, j'ai survécu au temps des fêtes, encore une fois. Dolores elle, est remisée pour l'hiver. Je suis trop cheap pour lui acheter des pneus réglementaires, j'ai donc fait la même chose que l'hiver dernier: remisage. En espérant que cette année, je ne serai pas obligée de la faire renaître avant le printemps!
Tout ça remonte à il y a 26 ans. À cette époque, je vivais bien au chaud dans un utérus douillet; meublé, chauffé (je ne voyais pas encore l'utilité de l'éclairer), j'avais même les repas de compris sans que j'aie à lever le p'tit doigt. Mais ceux qui me connaissent savent pertinemment que je ne suis pas du genre à me contenter dans le confort. Ma soif de découvrir, d'élargir mes horizons me pousse toujours à me mettre dans des situations pas possibles où je dois faire preuve d'inventivité et de débrouillardise afin de survivre.
Toujours est-il que de là, j'entendais toutes sortes de bruits étranges, je sentais que ça bougeait, et peu à peu, ma curiosité l'a emporté. Je sentais que quelque chose de gros se préparait dehors, si bien que par une froide soirée de la fin de décembre, j'ai décidé de casser mon bail, de sacrer mon camp et de partir à l'aventure pour la première fois. J'aime ça le trouble ça a l'air!
Le choc a été terrible; le frette, la neige, le suit one-piece, les becs de matante... Tout ça dans un décor hallucinant de lumières multicolores, avec un fond de musique redondant. Je me suis retrouvée dans la campagne la plus sauvage; il y avait jusqu'à un arbre dans ma maison! Je crois que j'ai du faire des associations négatives dans mon esprit concernant le temps des fêtes. Et c'est de là que ça date. Je n'aime pas ça Noël. Fuck la magie, les tits-lutins, le gros barbu en rouge, le ragoût de pattes, la bûche, la messe de minuit, les party de famille, le rouge pis le vert; tout ça ne fait que me rappeller mon calvaire originel. J'ai envie de sauter dans la face à toutes les p'tites madames des bureaux gouvernementaux qui me traite de "cadeau de Noël" ou de "p'tit Jésus" quand je leur dis ma date de naissance. J'ai même plus envie d'être contente quand une matante a la oh! combien originale idée de mettre des bougies sur la bûche et de faire chanter "Bonne fête Andréane" à toute la tablée qui n'en a rien à foutre!
Mon mois de décembre a été terrible. Afin d'oublier que c'était le temps des fêtes, je me suis mise à travailler. Les alcooliques boivent, moi, je travaille; c'est un peu plus valorisé en société. Et bon, je n'ai pas eu le temps d'écrire mon blogue. Alors toutes mes excuses à mes lecteurs accros (je suis quand même surprise d'en avoir réellement!). Je ne voulais juste pas vous faire chier avec mon dégoût de ce temps de merde où on n'a socialement pas le droit d'être mécontent ou malheureux.
Parenthèse inutile
Tout ça me rappelle quelque chose. En 1995, j'étais tranquilement assise dans mon cours d'écologie, secondaire 1. La prof (qui attachait ses longs cheveux gris à la hauteur de la nuque, portait des gilets de coton ouaté avec des loups dessus, sentait le off! régions sauvages et conduisait une vieille Volvo) s'était mise à nous parler d'un truc qui allait bientôt révolutionner notre manière de communiquer: internet. L'adolescente que j'étais alors s'est exclamée tout bas :"Yeah right! pis on va avoir des chars volants en l'an 2000...". 15 ans plus tard, je tiens un blogue, j'ai quelques comptes Facebook, une couple d'adresses courriel, et une flopée d'amis virtuels. J'suis peut-être pas aussi accro que certaines personnes, mais quand même, j'me fais peur parfois. J'ai sorti la télé de ma maison, mais j'suis passée récemment à la haute vitesse. On n'arrête pas le progrès!
Alors voilà, j'ai survécu au temps des fêtes, encore une fois. Dolores elle, est remisée pour l'hiver. Je suis trop cheap pour lui acheter des pneus réglementaires, j'ai donc fait la même chose que l'hiver dernier: remisage. En espérant que cette année, je ne serai pas obligée de la faire renaître avant le printemps!
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