Vraiment, je dois me rendre à l'évidence, je ne suis pas game de vous dire à quel point je suis en amour. C'est grave. Ça fait deux mois que ça dure, et j'ai même commencé à parler en ortho avec mon amoureux. Je ne sais pas pourquoi j'ai tant de mal à assumer ça; peut-être parce que j'ai passé les dernières années à dénigrer les couples qui versent trop rapidement dans l'interdépendance. J'ai trop cru que l'amour, c'était une invention pour nous faire perdre notre vie. On passe notre temps à le chercher quand on ne l'a pas, et quand on a l'impression d'avoir trouvé, il reste mille concessions à faire, si bien qu'on doit laisser tomber (sinon gravement modifier) un paquet de projets qui nous sont chers. J'ai tellement vu de personnes s'oublier et devenir franchement ennuyeux après avoir rencontré leur supposée "âme soeur" que je me suis promis de ne jamais devenir comme ça. Je ne voulais pas devenir une fille plate.
Fred (on va toujours ben lui donner un nom!), c'est pas un gars ordinaire. Il a ses filles à lui (et là, j'suis jalouse, parce que moi aussi, un jour, je veux avoir mes filles à moi!), des grosses doudounes noir et blanc qui font meuh!, mangent du foin et portent toutes un nom. Il a des parents qui ont l'âge de mes grands-parents, ce qui donne lieu à de drôles de chocs intergénérationnels parfois, mais on pardonne tout à sa mère quand elle nous fait des toasts sur le poêle à bois. Il s'occuppe aussi de son p'tit voisin de 13 ans comme si c'était son frère. Entre ses traites, il répare des vieux ski-doo; sa grange est pleine de vieux gréments plus ou moins en état de fonctionner.
Il se laisse traîner autant que moi (ce qui n'est pas peu dire!), joue à peine plus qu'occasionnellement à World of Warcraft (lui qualifie ça de maladie, et moi je dis que c'est incurable) et refuse de porter des mitaines en public. Malgré tout, il sait faire la vaisselle (mais pas la ranger), peut préparer des repas simples de façon quasi-autonome et arrive à plier des t-shirts et des taies d'oreiller. Un homme quoi! J'vous dirais bien qu'il a des lumières magiques dans les yeux, qu'il sent bon même en rentrant de l'étable, que le creux de son épaule est plus confortable que n'importe quel oreiller et qu'il sait écouter mieux que quiconque bien qu'il soit "sourd d'une oreille et entende mal de l'autre", mais j'aurais l'impression de charrier.
Tout à l'heure, on revenait d'un trip à l'épicerie. Chaque fois qu'on va là avec son p'tit voisin, on a l'air d'acheter à manger pour nos 14 enfants. On remplit sa Vibe de bouffe et on rentre à la maison en écoutant du Nirvana dans l'prélart (paraît que c'est hot pour un jeune de 13 ans d'écouter de la musique des années 90). Quand on rentre, on étale les provisions sur la table et sa mère les range en commentant: "Fallait acheter plus de douzaines d'oeufs, t'as pas oublié le beurre toujours?, cette semaine, j'vais vous faire de la pizza...".
C'est drôle quand même. Moi qui croyait qu'on devait mettre des limites à ses rêves en couple, voilà que je réalise qu'à deux, c'est comme si ces limites étaient repoussées à des années-lumières. Je ne suis pas devenue une fille plate, je rêve encore, et tout semble beaucoup plus tangible. J'ai juste trouvé une personne qui arrive à me suivre dans mes lubies. C'est fou c'que ça fait en dedans de réaliser qu'on n'est pas seule.
jeudi 4 mars 2010
mercredi 3 mars 2010
Le printemps en grippe
La grippe est dure cette année. Tellement qu'on en a fait un sujet d'actualité pendant plusieurs mois, avant Noël. On a presque été obligés de remplacer la fameuse "table des enfants" (rebaptisée "table des jeunes" au fil des ans, à mesure qu'on changeait les bouteilles de jus et de mousseux .5 pour des vraies bouteilles de vin et de gin) par la table des parias non-vaccinés contre la H1N1. Je ne le dis pas trop fort, mais j'aurais fait partie de cette classe. Non pas par principe, simplement par pur je-m'en-foutisme. Avoir eu le temps, l'occasion, je me serais probablement fait vacciner; je n'ai eu peur ni du gros méchant vaccin bourré de métaux lourds et de micro-puces contrôlées par la CIA, ni de la grippe de guerre supposément capable d'anéantir plus d'humains que l'Holocauste, la colonisation de l'Amérique et le sida réunis. C'est fou ce qu'en temps de paix, les gens s'ennuient au point de voir des conspirations partout.
Toujours est-il que le printemps est là (officiellement dans une vingtaine de jours, mais qu'importe), amenant avec lui son lot de désagréments sanitaires. C'est en plein le temps de la pogner la grippe, vous vous rappellez, cette banale grippe qui dure en moyenne une semaine, 7 jours si on la traite. Et si vous êtes particulièrement chanceux, vous allez peut-être même vous taper le luxe d'une gastro. Moi, je n'ai pas encore eu cette chance, mais je touche du bois.
"Caller malade", ce n'est pas une option pour moi. J'ai donc passé une merveilleuse semaine à me lever à 4h30 pour superviser des traites en traînant ma boîte de kleenex ultra-doux avec lotion à saveur de Vick's. Ça m'a valu une couple de commentaires désobligeants sur le fait que j'étais une p'tite fille d'la ville élevée dans la ouate pas capable de se moucher dans une serviette à pis. Allez chier bon. J'ai pas la force de me défendre. Et je considère que j'assure pour la peine, même malade comme un chien.
Je suis allée m'acheter un super sirop qui fait tout (même si les symptômes sont apparus les uns après les autres), et je me suis mise sur le savant programme "2 aux 2", une invention tordue qui permet de ne pas avoir de down d'anti-douleur aux 4 heures. Il suffit de prendre 2 ibu aux 4 heures, et 2 acéto aux 4 heures, le tout décalé de 2 heures. Chaque fois que je fais ça, je me sens comme la pire junkie, fille d'un médecin qui lui a bien rentré dans la tête que la douleur, ça se contrôlait. Mais je me console, ça ne m'arrive pas plus qu'une journée, une fois par année. Mon foie veut encore me parler.
Ça me rappelle la fois où j'ai eu une extinction de voix totale en Islande. La journée où je quittais. Je faisais mes valises, et le téléphone a sonné. L'angoisse; moi qui n'avais plus de voix (mais vraiment rien!). En plus, sur l'afficheur, j'ai constaté que c'était la grand-mère des enfants que je gardais qui appellait, la seule personne qui ne parlait assurément pas un seul mot d'anglais. Rassemblant tout mon courage, j'ai répondu et je lui ai expliqué dans un douloureux chuchotement que j'étais malade, incapable de parler. Elle s'est confondue en excuses et a raccroché. Fiou!
Une heure plus tard, elle est arrivée à la maison avec une bouteille contenant un liquide trouble. "Bois ça! qu'elle m'a dit, demain, tu pourras parler." Malgré toute la confiance que je pouvais avoir en une grand-mère islandaise, je lui ai demandé ce que c'était. Elle me l'a dit, en islandais, et devant les signes imminents de mon ingnorance en matière de sorcellerie nordique, elle a fini par dire: "Bara svona blòm!" (juste des genres de fleurs). J'étais rassurée!
J'ai quand même bu le truc. Il y avait du gingembre à plein là-dedans. Je m'en suis tirés avec des brûlements d'estomac, et ma voix n'est pas revenue.
Vous comprendrez pourquoi j'ai choisi d'être moderne pour soigner mes symptômes grippaux cette fois-ci. Je me suis à peine fait une tisane au thym (qui m'a servi à prendre mes Advil). À la guerre comme à la guerre!
Toujours est-il que le printemps est là (officiellement dans une vingtaine de jours, mais qu'importe), amenant avec lui son lot de désagréments sanitaires. C'est en plein le temps de la pogner la grippe, vous vous rappellez, cette banale grippe qui dure en moyenne une semaine, 7 jours si on la traite. Et si vous êtes particulièrement chanceux, vous allez peut-être même vous taper le luxe d'une gastro. Moi, je n'ai pas encore eu cette chance, mais je touche du bois.
"Caller malade", ce n'est pas une option pour moi. J'ai donc passé une merveilleuse semaine à me lever à 4h30 pour superviser des traites en traînant ma boîte de kleenex ultra-doux avec lotion à saveur de Vick's. Ça m'a valu une couple de commentaires désobligeants sur le fait que j'étais une p'tite fille d'la ville élevée dans la ouate pas capable de se moucher dans une serviette à pis. Allez chier bon. J'ai pas la force de me défendre. Et je considère que j'assure pour la peine, même malade comme un chien.
Je suis allée m'acheter un super sirop qui fait tout (même si les symptômes sont apparus les uns après les autres), et je me suis mise sur le savant programme "2 aux 2", une invention tordue qui permet de ne pas avoir de down d'anti-douleur aux 4 heures. Il suffit de prendre 2 ibu aux 4 heures, et 2 acéto aux 4 heures, le tout décalé de 2 heures. Chaque fois que je fais ça, je me sens comme la pire junkie, fille d'un médecin qui lui a bien rentré dans la tête que la douleur, ça se contrôlait. Mais je me console, ça ne m'arrive pas plus qu'une journée, une fois par année. Mon foie veut encore me parler.
Ça me rappelle la fois où j'ai eu une extinction de voix totale en Islande. La journée où je quittais. Je faisais mes valises, et le téléphone a sonné. L'angoisse; moi qui n'avais plus de voix (mais vraiment rien!). En plus, sur l'afficheur, j'ai constaté que c'était la grand-mère des enfants que je gardais qui appellait, la seule personne qui ne parlait assurément pas un seul mot d'anglais. Rassemblant tout mon courage, j'ai répondu et je lui ai expliqué dans un douloureux chuchotement que j'étais malade, incapable de parler. Elle s'est confondue en excuses et a raccroché. Fiou!
Une heure plus tard, elle est arrivée à la maison avec une bouteille contenant un liquide trouble. "Bois ça! qu'elle m'a dit, demain, tu pourras parler." Malgré toute la confiance que je pouvais avoir en une grand-mère islandaise, je lui ai demandé ce que c'était. Elle me l'a dit, en islandais, et devant les signes imminents de mon ingnorance en matière de sorcellerie nordique, elle a fini par dire: "Bara svona blòm!" (juste des genres de fleurs). J'étais rassurée!
J'ai quand même bu le truc. Il y avait du gingembre à plein là-dedans. Je m'en suis tirés avec des brûlements d'estomac, et ma voix n'est pas revenue.
Vous comprendrez pourquoi j'ai choisi d'être moderne pour soigner mes symptômes grippaux cette fois-ci. Je me suis à peine fait une tisane au thym (qui m'a servi à prendre mes Advil). À la guerre comme à la guerre!
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