Idyllique la vie de campagne. Je sais ce que vous pensez, l'image que vous avez en tête d'une jeune filles aux cheveux bouclés qui gambade dans un champ en robe longue, entourée de papillons, de fleurs sauvages, sous un soleil radieux. C'est un peu ça, j'imagine.
J'habite vraiment dans un trou perdu. Mon rang n'apparaît pas sur le GPS. Il a fallu couper des arbres appartenant à la municipalité pour avoir accès à internet ici. Le maire est venu prendre une bière et jouer un game d'échecs avec L; le lendemain, c'était réglé.
Je dois faire 8 km de route de "garnotte" pour arriver à un chemin asphalté. Parfois, j'ai l'impression qu'on vit en dehors du monde, que les lois observées par le commun des mortels n'ont pas le même effet ici. L'isolement rend les habitants de mon nouveau pays méfiants envers la société. Cette méfiance s'exprime de toutes sortes de façons plus originales les unes que les autres, mais en général, c'est un cercle vicieux, car plus on se méfie de la société, plus on s'isole.
Idyllique donc la vie de campagne, je vous l'accorde, dans une certaine mesure. Car il faut une force de caractère incroyable pour rester sain d'esprit ici. Ici comme partout ailleurs d'ailleurs.
