Je me suis embarquée dans quelque chose de gros. Faute d'amis, j'ai décidé de m'occupper, et en-dehors d'une ferme, trouver "d'la vraie ouvrage", c'est pas toujours évident pour une bergère en mal de son métier. "Si au moins tu ne déménageais pas aux mois, m'a dit une vieille amie l'autre jour, peut-être que tu arriverais à créer des liens durables..." J'admets qu'elle n'avait pas tort. Suite à une brève réflexion, je me suis dit que je devais trouver un moyen d'avoir envie de rester ici coûte que coûte. Pas facile pour une fille qui a appris à ne pas trop s'attacher histoire de préserver sa liberté d'action.
La semaine dernière, le frigo jaune or que mon propriétaire avait placé dans ma cuisine a eu disons "un accident de parcours". En transférant lait, légumes et autres périssables dans ma glacière, j'ai constaté qu'il était franchement laid, et drôlement mal assorti à ma cuisine, qui elle était lilas. J'ai encore du mal à savoir si c'était le frigo jaune qui n'était pas à sa place dans la cuisine lilas, ou si c'était le lilas qui n'avait pas sa place là, toujours est-il que j'ai décidé que j'en avais assez enduré comme ça. Ce n'est pas normal de faire semblant d'être daltonienne pour justifier un pareil assortiment de couleurs. Dans un élan de motivation, je me suis pointée à la quincaillerie du coin, et j'ai acheté non seulement de quoi recouvrir cet atroce lilas, mais aussi de quoi faire disparaître le turquoise de la salle à manger et celui de ma chambre à coucher.
De retour à la maison, je me rappelle les paroles de la madame-décoration de la quincaillerie: "Assure-toi quand même que tu n'as pas affaire à de la peinture à l'huile. Il suffit de faire le test avec du remover de vernis à ongles, si ça part, c'est à l'huile." Croyez-le ou non, je possède du remover de vernis à ongles (je possède aussi du vernis à ongles mauve "Prince", mais ça, c'est une autre histoire...). Et comme j'ai vraiment de la chance, devinez le résultat du test...
Je me repointe donc à la quincaillerie, je ramasse un gallon de primer à l'huile, et j'enligne ma fin de semaine sur trois couches de peinture. Samedi, une amie me rend visite avec son tout nouveau et tout beau chum, et on se gèle la fraise au varsol, une couche de primer de donnée. Je me sens mieux, on ne voit plus le mauve, ni le turquoise. Dimanche, coup de théâtre, j'ai le gutts d'appeller un potentiel ami pour lui demander son aide. Et il vient, accompagné de rouleaux et de pinceaux. Ouf! La cuisine est désormais sur une première couche de "pépite d'or" et la salle à manger arbore un "ciel de novembre" beaucoup plus frais.
Bon, là, j'suis drôlement découragée. Mon appart est assiégé par la peinture fraîche, et je dégrise tout juste de mon trip de varsol pour me clancher une autre semaine de workoholic. Vais-je être à la hauteur de mes ambitions?
Je sais bien que je vais m'en tirer. Reste à savoir si cette entreprise va me donner le goût de rester ici. Dans le fond de mon coeur, y'a une brebis qui s'ennuie de sa gang. C'est pas une maison qu'il me faut, c'est pas des amis que je veux, c'est un troupeau.
dimanche 22 novembre 2009
vendredi 6 novembre 2009
Le pape a la grippe.
Moi, à la maison, je n'ai pas de télévision. Je ne lis aucun grand quotidien, je passe parfois en revue les annonces classées des petits hebdos. Présentement, la radio est ma principale source d'information sur le monde extérieur. Mais peu importe, car ces temps-ci, le degré de platitude des nouvelles a atteint un sommet jamais vu depuis la mort de Jean-Paul II.
Vous vous rappellez la mort du pape? Et comment que je m'en rappelle. Pendant une semaine, exit les nouvelles régionales. On ne donnait même plus la météo à l'est de Québec. Dès qu'on osait allumer le téléviseur, on voyait des processions d'archevêques, cardinaux et autres hauts gradés de l'Église devant une place St-Pierre pleine à craquer. La première journée, c'était intéressant. Il s'git en effet de rites qu'on ne pratique pas très souvent, et qui gagnent beaucoup plus à être décrits et commentés par des analystes qu'un match de hockey ou la parade du père Noël. Mais une semaine complète d'épisodes de Watatatow annulés, il me semble que c'est beaucoup.
Bien entendu, chaque campagne électorale amène son lot de nouvelles redondantes. Mais bon, on s'y fait. Je me prépare quelques disques à écouter dans l'auto jusqu'au jour du scrutin et le tour est joué. Ce n'est rien comparativement à la crise majeure dans l'information actuellement.
La grippe fait actuellement couler plus d'encre que de nez. Et là, je me fous éperdument d'être pour ou contre la vaccination, de l'attente dans les centres, des fermetures d'écoles, des clientèles-cible, non, j'en ai simplement marre d'en entendre parler. À côté de ça, les élections municipales m'ont semblé d'un intérêt capital. Heureusement qu'il y a des scandales, de la corruption, des enquêtes publiques, car bientôt, il sera impossible de visionner des épisodes de Law and order l'après-midi.
Je m'ennuie presque de Jean-Paul II. Parfois, je me dis que ça ferait une bien belle histoire si Benoît XVI attrappait la A(H1N1). On ne serait pas sorti du bois, mais ça changerait le mal de place!
D'ailleurs, en ce moment, les enfants ne vont plus à l'école par ici. Il suffit de faire allusion à la grippe pour pouvoir impunément faire l'école buissonnière. Au temps d'Alphonse Daudet, on disait simplement: "Le pape est mort.". Plus ça change, plus c'est pareil...
Vous vous rappellez la mort du pape? Et comment que je m'en rappelle. Pendant une semaine, exit les nouvelles régionales. On ne donnait même plus la météo à l'est de Québec. Dès qu'on osait allumer le téléviseur, on voyait des processions d'archevêques, cardinaux et autres hauts gradés de l'Église devant une place St-Pierre pleine à craquer. La première journée, c'était intéressant. Il s'git en effet de rites qu'on ne pratique pas très souvent, et qui gagnent beaucoup plus à être décrits et commentés par des analystes qu'un match de hockey ou la parade du père Noël. Mais une semaine complète d'épisodes de Watatatow annulés, il me semble que c'est beaucoup.
Bien entendu, chaque campagne électorale amène son lot de nouvelles redondantes. Mais bon, on s'y fait. Je me prépare quelques disques à écouter dans l'auto jusqu'au jour du scrutin et le tour est joué. Ce n'est rien comparativement à la crise majeure dans l'information actuellement.
La grippe fait actuellement couler plus d'encre que de nez. Et là, je me fous éperdument d'être pour ou contre la vaccination, de l'attente dans les centres, des fermetures d'écoles, des clientèles-cible, non, j'en ai simplement marre d'en entendre parler. À côté de ça, les élections municipales m'ont semblé d'un intérêt capital. Heureusement qu'il y a des scandales, de la corruption, des enquêtes publiques, car bientôt, il sera impossible de visionner des épisodes de Law and order l'après-midi.
Je m'ennuie presque de Jean-Paul II. Parfois, je me dis que ça ferait une bien belle histoire si Benoît XVI attrappait la A(H1N1). On ne serait pas sorti du bois, mais ça changerait le mal de place!
D'ailleurs, en ce moment, les enfants ne vont plus à l'école par ici. Il suffit de faire allusion à la grippe pour pouvoir impunément faire l'école buissonnière. Au temps d'Alphonse Daudet, on disait simplement: "Le pape est mort.". Plus ça change, plus c'est pareil...
lundi 2 novembre 2009
La nouvelle
On dirait qu'en ce moment, la solitude me pèse plus que jamais. Ma vie a tellement été bouleversée dans la dernière année que ma capacité d'adaptation semble s'effriter. J'ai du mal à me faire des nouveaux amis dans mon village. Je quitte mon appart très tôt, parfois vers 3 heures du matin, et je rentre le soir, épuisée. Je m'accomode très bien de cette routine, trop bien.
Depuis toujours, je suis la fille qui vient d'ailleurs. À la question "T'es une p'tite qui toi?", je finis toujours par répondre "Vous ne connaissez certainement pas mon père...". S'en suit généralement une brève discussion sur l'origine de mon patronyme, parfois suivi d'un cours de géographie du Centre-du-Québec. Faut que j'assume, j'suis l'étrangère, c'est normal. On se méfie de moi, on me trouve bizzarre (ok, j'avoue que je suis quand même assez marginale), drôle, mais tout de même sympathique.
Pour avoir déjà été "la nouvelle" dans une cours d'école, je peux témoigner du fait que le commun des mortels n'a pas idée des efforts que doit fournir un enfant pour se tisser un réseau social. On minimise l'importance que ça a, on banalise les échecs en ce sens, et on n'a pas conscience des effets dévastateurs de cette attitude sur l'estime de soi.
En vieillissant, les choses ne s'améliorent pas. Si le prêt d'une gomme à effacer apparaît comme une relativement bonne manière d'amorcer une relation d'amitié durable en 4e année, il faut trouver des moyens plus étoffés quand on a 25 ans. Et j'suis nulle là-dedans. Je l'ai toujours été.
J'ai quand même essayé plusieurs techniques. Par exemple commencer une conversation sur un détail totalement anodin mais accrocheur. Dans un bar laitier, je philosophe sur l'éternelle opposition entre le chocolat et le caramel: "Salut! Moi c'est Andréane pis j'veux un sundae.". J'suis probablement la seule qui accroche.
Il y a aussi les fameux "Aurais-tu..."
...l'heure: la réponse est généralement trop courte pour espérer un quelconque développement.
...du feu: encore faut-il fumer. Moi, j'ai choisi d'autres moyens plus agréables et moins chers d'attrapper le cancer.
...du change pour un 5$: t'as l'air soit d'un faux-monnayeur, soit d'un joueur compulsif...
...un tournevis carré: celle-là est plus efficace que les autres, mais il faut vraiment avoir besoin d'un tournevis carré.
Bah! J'en ai marre de ne pas savoir où me mettre. Je déteste agir en fonction de ce que les autres vont penser de moi. J'assume qui je suis. C'est le genre de comportement qui suscite l'admiration, mais pas l'amitié. Je suis condamnée à être la personne cool qui n'a besoin de personne. Et le pire, c'est que c'est presque vrai.
Alors en attendant que quelqu'un du coin m'appelle pour aller prendre une bière ou un café, je continue mon p'tit bonhomme de chemin, espérant un jour être quelque chose de plus que juste "la nouvelle".
Depuis toujours, je suis la fille qui vient d'ailleurs. À la question "T'es une p'tite qui toi?", je finis toujours par répondre "Vous ne connaissez certainement pas mon père...". S'en suit généralement une brève discussion sur l'origine de mon patronyme, parfois suivi d'un cours de géographie du Centre-du-Québec. Faut que j'assume, j'suis l'étrangère, c'est normal. On se méfie de moi, on me trouve bizzarre (ok, j'avoue que je suis quand même assez marginale), drôle, mais tout de même sympathique.
Pour avoir déjà été "la nouvelle" dans une cours d'école, je peux témoigner du fait que le commun des mortels n'a pas idée des efforts que doit fournir un enfant pour se tisser un réseau social. On minimise l'importance que ça a, on banalise les échecs en ce sens, et on n'a pas conscience des effets dévastateurs de cette attitude sur l'estime de soi.
En vieillissant, les choses ne s'améliorent pas. Si le prêt d'une gomme à effacer apparaît comme une relativement bonne manière d'amorcer une relation d'amitié durable en 4e année, il faut trouver des moyens plus étoffés quand on a 25 ans. Et j'suis nulle là-dedans. Je l'ai toujours été.
J'ai quand même essayé plusieurs techniques. Par exemple commencer une conversation sur un détail totalement anodin mais accrocheur. Dans un bar laitier, je philosophe sur l'éternelle opposition entre le chocolat et le caramel: "Salut! Moi c'est Andréane pis j'veux un sundae.". J'suis probablement la seule qui accroche.
Il y a aussi les fameux "Aurais-tu..."
...l'heure: la réponse est généralement trop courte pour espérer un quelconque développement.
...du feu: encore faut-il fumer. Moi, j'ai choisi d'autres moyens plus agréables et moins chers d'attrapper le cancer.
...du change pour un 5$: t'as l'air soit d'un faux-monnayeur, soit d'un joueur compulsif...
...un tournevis carré: celle-là est plus efficace que les autres, mais il faut vraiment avoir besoin d'un tournevis carré.
Bah! J'en ai marre de ne pas savoir où me mettre. Je déteste agir en fonction de ce que les autres vont penser de moi. J'assume qui je suis. C'est le genre de comportement qui suscite l'admiration, mais pas l'amitié. Je suis condamnée à être la personne cool qui n'a besoin de personne. Et le pire, c'est que c'est presque vrai.
Alors en attendant que quelqu'un du coin m'appelle pour aller prendre une bière ou un café, je continue mon p'tit bonhomme de chemin, espérant un jour être quelque chose de plus que juste "la nouvelle".
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