mardi 27 octobre 2009

Une dent de sagesse de plus...

La neige est de retour! La neige, la neige, la neige!!!! J'peux pas m'empêcher de tripper, même si plusieurs de mes producteurs ont encore du grain de pas battu, que la route Métayer sera bientôt inaccessible pour tous ce qui n'est pas muni de chenilles, que Dolores va hiverner sous peu... De toute façon, Lady est munie de pneus d'hiver depuis le mois de juin, avec l'été qu'on a eu, ça ne m'est pas passé par la tête de lui mettre des pneus de saison.

Ce matin, en partant travailler, j'ai croisé au village un tracteur avec une wagon à foin. Je trouvais cela bien étrange, surtout qu'on annonçait la première vraie bordée de neige automnale. Mais j'ai vite réalisé que par ici, c'est la manière la mieux adaptée pour effectuer la cueillette des matières recyclables. C'est trop adorable, indubitablement champêtre...

Demain, je m'en vais chercher Suzanne. Suzanne remplacera Lady dans ma vie. C'est une SX4 2007, traction intégrale, grise. Ma première grosse dépense de fille qui a enfin un salaire décent. Et voilà, je sens que je prends un coup de vieux. Malgré tout, à mon âge, les coups de vieux, ça fait encore pousser les dents de sagesse; plus tard, ça donne des cheveux blancs...

mercredi 21 octobre 2009

Le leçon de la perdrix

J'aime don ben ma job. Ok. J'aimerais vraiment avoir mes animaux à moi. J'ai un surplus d'amour pour toutes ces vaches que je croise, mais en général, l'acte le plus intime que je pose en leur présence, c'est prendre leur circonférence thoracique. Parfois, je les caresse un peu, je ne peux pas m'en empêcher...

Mais bon, j'aime ma job, c'est ça que je disais. Je fais du char dans les fonds de rang les plus reculés, je visite des personnes qui n'ont pratiquement jamais de visite (ça peut être cool comme ça peut être moins cool) et je vis des aventures singulières.

Par exemple, l'autre jour, je devais me rendre chez un producteur dans le 10e rang d'Auclair. Comme d'habitude, avant de partir, je regarde ma carte du coin et j'essaie de trouver le chemin le plus court pour me rendre à destination. J'ai le choix entre une route numérotée, qui fait un grand détour avant de déboucher sur le village d'Auclair, ou bien un petit chemin qui doit être en garnotte en toute logique qui débouche en théorie sur le 12e rang. Mon habileté hors du commun pour choisir le chemin le plus difficile en croyant que c'est la meilleure chose à faire me mène donc sur la route du 12e, on s'en doute bien!

Je roule un bon bout avec ma Tercel dans et je m'enfonce dans un paysage plus sauvage que champêtre. Je dois freiner raide un coup pour éviter une perdrix qui semble vraiment surprise de me voir là. Je découvre plein de petits coins de paradis et je me dis que la nuit, ici, il doit faire vraiment noir, et l'hiver, vraiment froid. Le genre d'endroit qui devient un univers merveilleux lorsqu'on y grandit.

Plus je vais loin et plus je me dis que cette route ne débouchera jamais sur rien. Mais j'ai confiance en ma carte, et il y a encore des poteaux d'électricité qui bordent le chemin (donc, des gens qui habitent dans le coin). Je monte une grande côte et finalement, je me rends jusqu'à une cabane à sucre (fin des poteaux d'électricité).

Je ne me serais jamais lâchée dans la route qui continuait, même en 4 roues. Enfin si, à dos d'âne, probablement. Mais là, j'étais avec Lady, et bien que ses jours soient comptés avant qu'elle ne finisse au programme "adieu bazou", j'en ai besoin. Qui plus est, je doute fort de la capacité de mon cellulaire à détecter un service dans cet endroit, je dois bien être à plusieurs heures de marche d'un bon vieux téléphone de maison avec un fil et je me vois mal expliquer à la madame du CAA que mon char est enlisé dans la bouette à des kilomètres de la civilisation, sans adresse civique ni intersection à proximité (euh...j'peux vous donner des coordonnées GPS peut-être?).

J'ai donc rebroussé chemin et effectué près de 20 km pour rejoindre la route numérotée. Leçon apprise: ce n'est pas parce qu'une route est sur une carte qu'elle est praticable... J'aurais du demander mon chemin à la perdrix!

vendredi 16 octobre 2009

Ça déboule encore

En quelques jours, tout a basculé. J'aurais du m'en douter, en fait, je m'en doutais, j'avais un feeling étrange que certains appellent l'intuition. Moi, je pense que je ne me fais pas assez confiance pour l'écouter.



L est devenu de plus en plus tordu, l'aspect personnage en lui devenant parfois un peu trop exacerbé. Du même coup, j'ai eu un immense besoin de stabilité, de normalité, comme si pour bien m'intégrer ici, je devais faire un peu comme tout le monde. Je sais, je ne suis pas comme tout le monde, mais parfois, c'est bon de se conformer, ça a quelque chose de rassurant. Un soir, tout a explosé. En deux jours, j'étais partie. Une semaine plus tard, j'emménageais dans un 4 1/2 dans le village de Saint-Jean-de-Dieu (le village, pas l'hôpital psychiatrique!). Quand les changements arrivent aussi vite, c'est bon de pouvoir compter sur un vieux pick-up, même si celui-ci a besoin qu'on lui fasse la passe du tournevis pour démarrer (le pire temps pour les vieux moteurs à carbu, c'est l'automne...pas génial le cocktail froid/pluie).



J'ai quand même assuré comme une pro là-dessus. D'autant plus que j'ai continué à travailler, ce qui m'a valu une grippe (deux jours à visiter des fermes avec de la fièvre) qui a évolué vers une sinusite d'une rare intensité, mon système immunitaire ayant été un peu poussé à ses limites par la fatigue.



"Il sent bon mon ensilage non?" (et moi, déçue, je lui réplique que je ne suis pas en état de juger, mais qu'à le regarder, il a l'air beau...)



Ma médecin de mère a volé à ma rescousse en me prescrivant un traitement antibiotique avant que j'aie l'idée de m'injecter une dose de cheval de pénicilline blanche dans le muscle de la joue. J'ai longtemps eu un problème moral à passer devant tout le monde, n'ayant pas à attendre des heures, voire des jours à l'urgence pour une bénigne infection. Mais bon, aujourd'hui, je suis heureuse de pouvoir compter sur ma maman pour ça. Ce n'était vraiment pas le temps de me pointer dans un hôpital avec des symptômes grippaux... Pas envie qu'on me mette officiellement en isolement, je suis déjà assez isolée comme ça!

Du reste, je suis une vraie workoholic! J'aime ma job, et je commence à aimer les vaches aussi, même les noires et blanches... En gros, je passe mon temps sur les routes de campagne et dans les étables, et j'apprends beaucoup. Et une fois de temps en temps, je zieute les fermes ovines sur mon passage, et je regarde les doudounes brouter dans le champs. Dans quelques années, ce seront les miennes. Je le sais.