vendredi 6 novembre 2009

Le pape a la grippe.

Moi, à la maison, je n'ai pas de télévision. Je ne lis aucun grand quotidien, je passe parfois en revue les annonces classées des petits hebdos. Présentement, la radio est ma principale source d'information sur le monde extérieur. Mais peu importe, car ces temps-ci, le degré de platitude des nouvelles a atteint un sommet jamais vu depuis la mort de Jean-Paul II.

Vous vous rappellez la mort du pape? Et comment que je m'en rappelle. Pendant une semaine, exit les nouvelles régionales. On ne donnait même plus la météo à l'est de Québec. Dès qu'on osait allumer le téléviseur, on voyait des processions d'archevêques, cardinaux et autres hauts gradés de l'Église devant une place St-Pierre pleine à craquer. La première journée, c'était intéressant. Il s'git en effet de rites qu'on ne pratique pas très souvent, et qui gagnent beaucoup plus à être décrits et commentés par des analystes qu'un match de hockey ou la parade du père Noël. Mais une semaine complète d'épisodes de Watatatow annulés, il me semble que c'est beaucoup.

Bien entendu, chaque campagne électorale amène son lot de nouvelles redondantes. Mais bon, on s'y fait. Je me prépare quelques disques à écouter dans l'auto jusqu'au jour du scrutin et le tour est joué. Ce n'est rien comparativement à la crise majeure dans l'information actuellement.

La grippe fait actuellement couler plus d'encre que de nez. Et là, je me fous éperdument d'être pour ou contre la vaccination, de l'attente dans les centres, des fermetures d'écoles, des clientèles-cible, non, j'en ai simplement marre d'en entendre parler. À côté de ça, les élections municipales m'ont semblé d'un intérêt capital. Heureusement qu'il y a des scandales, de la corruption, des enquêtes publiques, car bientôt, il sera impossible de visionner des épisodes de Law and order l'après-midi.

Je m'ennuie presque de Jean-Paul II. Parfois, je me dis que ça ferait une bien belle histoire si Benoît XVI attrappait la A(H1N1). On ne serait pas sorti du bois, mais ça changerait le mal de place!

D'ailleurs, en ce moment, les enfants ne vont plus à l'école par ici. Il suffit de faire allusion à la grippe pour pouvoir impunément faire l'école buissonnière. Au temps d'Alphonse Daudet, on disait simplement: "Le pape est mort.". Plus ça change, plus c'est pareil...