vendredi 22 janvier 2010

Crise d'identité 1

Mon blogue traverse une grave crise d'identité.

D'abord, je n'ai plus de moutons.  C'est dur pour l'âme de bergère.  Il arrive même que je fasse des lapsus en mêlant "vêlage" et "agnelage", "génisses" et "agnelles", ou même "taureau" et "bélier".  Je travaille énormément, mais avec des gens.  Ça a beaucoup en commun, mais ça demande de la patience, du savoir-vivre, du tact.  Il faut apprendre leur langage, comprendre comment ils pensent, te faire accepter par eux.  Et puis, il y a tout ce qui vient avec; la paperasse, l'informatique, les conventions, les sous-entendus et mille et une autres manières de se compliquer la vie.  Ils sont bons là-dedans les humains.

Moi par contre, j'ai des humains bien particuliers: des producteurs laitiers.  C'est une race de grande valeur, malheureusement en voie d'extinction.  Ils parlent une langue bien à eux, pas toujours verbale, et ne sont pas très verbo-moteurs (contrairement à moi!).  Souvent, ils ont l'air fâchés, mais en fait, il leur arrive de plonger dans un état proche du somnambulisme quand ils sont très occuppés.  Ça leur permet de fonctionner assez efficacement malgré de longues périodes sans sommeil.  J'en apprends tous les jours sur eux, et ils arrivent à me surprendre tellement souvent!  Mais ce ne sont pas des moutons, loin de là.  Leur esprit d'indépendance est très fort bien que ce soit des gens solidaires qui ont à coeur le bien de l'humanité toute entière.

L'autre raison de la crise sur mon blogue, c'est Dolores qui est en remisage.  Elle me manque, mais Suzanne est tellement d'une efficacité remarquable qu'il m'arrive de ne plus penser à Dolo certains jours.  Fini les histoires de vieux chars!  De plus, l'hiver est d'une clémence hallucinante; pas de danger de rester pris dans une tempête...

Mais en même temps, ma vie n'est pas plate.  Loin de là!  Je vis plein de petits moments magiques...  Je peux par exemple vous dire que si on quitte Squatec au moment où le soleil commence à descendre, on arrive en haut de la côte à Sainte-Rita au moment le plus flamboyant du coucher de soleil.  Cette lumière nous enveloppe et s'en va mourir tranquilement au loin, dans le rang de la Société, provoquant une vision idyllique d'une montée d'écureur à contre-jour dans le froid hivernal.  Un pur délire!

En fait, l'hiver est tout doux.  Et ça se prend bien! Peu m'importe de devenir un p'tit peu plate pour quelques mois, j'ai besoin de me reposer un peu.  Alors je bois de la tisane à la santé de tous ceux qui n'aiment pas l'hiver...