Je sais, je le mentionne à chaque entrée de blogue, c'est le printemps. Au village, ils ont même enlevé toute l'asphalte, creusé des grands trous et commencé à faire circuler le monde en alternance alentour des pépines, des grues pis de la machine qui mange de l'asphalte. Le 4x4 est toujours bien utile. Et on espère enfin avoir l'eau courante ici...
Fred a reçu ses grains de semence hier. Bientôt, je vais pouvoir faire ma bonne p'tite femme d'agriculteur qui lui amène des sandwiches au baloney pendant qu'il est en tracteur. De mon côté, j'ai modifié mon territoire; je ne vais plus à l'Ouest, je travaille dans l'Est. Peut-être parce que c'est tout nouveau tout beau, peut-être parce que le soleil de printemps est trop fort, je trouve mes nouveaux producteurs tellement sympathiques. Alors que je commençais à faire une écoeurite de service-client, voilà que j'ai comme un regain de confiance. Tsé, y'a une différence majeure entre un producteur qui appelle au service à la clientèle pour se plaindre que je coûte trop cher et celui qui prend la peine d'appeller pour leur dire à quel point il trouve que je suis compétente.
Il y a quelques semaines, les vieux qui habitent à côté de la ferme à Fred ont décidé de s'en aller en ville (on parle ici de Trois-Pistoles, toute une ville!). Ils n'ont pas pris la peine de mettre une pancarte devant la maison, ils ont juste commencé à l'offrir... Et puis Fred lui, il a saisi l'occasion. Et j'ai embarqué. On va s'acheter une maison!
Pendant ce temps, ici, au village, ça brasse. Depuis une couple de semaines, les voisins se crient par la tête. Rien de bien nouveau. Le gars ponctue déjà son vocabulaire de sacres (Tabarnak, c'est comme le point d'une phrase; impossible de la terminer autrement). Mais là, le ton a haussé. Si bien que l'autre jour, le voisin a confié à Fred qu'ils allaient se séparer tabarnak. Et aussi déménager tabarnak.
De ce côté-ci du mur, on se met à discuter de compte conjoint, on magasine une hypothèque, on rêve à une crémaillère avec plein de gens heureux qui chantent autour d'un feu de camp. De l'autre côté, ils font des boîtes en écoutant du country francophone déprimant.
Le signal est arrivé. Dolores va encore servir. J'appelle bientôt à la SAAQ pour la remettre en route, je lui remets sa batterie, une p'tite job sur le carburateur et voilà! Elle va être prête à se prendre des bibittes plein le windshield. YIIIHAAA!!! (hmmm, on verra les surprises qu'elle a sous la capot!)
