Entre temps, mon p'tit frère (qui n'est pas si petit que ça) a fait irruption à Baie-Saint-Paul. Cet été, frérot travaille comme roadie pour un band en tournée. Pas question pour moi de le manquer, surtout qu'après 3 semaines de pluie non-stop, j'avais bien besoin d'une petite distraction, d'un soupçon de vie sociale...
Le band jouait à l'auberge de jeunesse de Baie-Saint-Paul, un endroit fort sympathique qui n'accote toutefois pas celles de la Gaspésie. Sachant que les gars jouaient un peu plus tard en Gaspésie, je me suis promis d'aller les voir. La Gaspésie me manque. Terriblement...
Dolores, elle, elle se reposait dans le stationnement. Son évident problème de consommation me forçait à ménager mes allers-retours en ville. 4,9 litres, c'est puissant, mais ça coûte cher! L'été semblant vouloir se pointer le bout du nez entre deux averses, je me suis mise à la recherche d'un véhicule plus économique, quelque chose de plus "low-profile" qui ne me coûterait pas une beurrée en carburant et me ferait économiser mes calls CAA du même coup. Je me suis fait une raison; il fallait passer aux années 90...
J'ai donc déniché Lady, une bonne vieille Tercel tout ce qu'il y a de plus économique et fiable. Une 92, rouge, avec le hood noir suite à une mésaventure avec une plaque de glace de toit un jour de redoux hivernal. Quand je monte la côte des Éboulements ou bien quand je tente de passer une van de bois, je me dis qu'il ne faut pas chercher trop loin pour comprendre l'économie d'essence de cette voiture. Un vrai char de paumée. Amenez-en d'la route!
Le jour du show à Sainte-Anne, j'ai donc mis Lady sur le Trans-Saint-Laurent. Elle, elle peut rouler à 100 km/h, et si on la bat un peu, elle se rend bien à 120. Une vraie escapade en Gaspésie, un pur bonheur!
Pour les gars du band, la Gaspésie était aussi trippante, cependant, un malheur planait. En essayant de repartir, leur van de tournée a stalé. Pas moyen de la redémarrer. Le lendemain, mon frère a pris un de ses calls CAA pour l'amener au garage. Verdict: la timing belt. C'est la fin les gars, faut trouver un autre véhicule pour finir la tournée...
Et me voilà qui propose Dolores. De toute façon, elle s'emmerde par les temps qui courrent... J'ai donc rempli ma p'tite Tercel 2 portes avec les musiciens en déroute, les ai ramenés à Baie-Saint-Paul et leur ai confié les clefs de la bête. Dolores partait à Joliette, puis en Ontario. Elle allait voir les chutes Niagara, rouler sur la 401 et être un truck de band. Non, mais elle a de la gueule. Je l'sais!
Une seule condition: il faut qu'elle soit revenue le 15. Je devais avoir l'option de paqueter tout mon stock et de sacrer mon camp si je n'obtenais pas ce que je voulais.
Mon boss a attendu à la dernière minute pour m'annoncer qu'il souhaitait me garder. Jusqu'en Septembre. Alors je suis restée, et j'ai sagement attendu le retour de Dolores, qui est sagement rentrée de son long périple. Tout s'est bien déroulé (à ce que mon frère m'a dit). Mais un chapitre de la vie de Dolo s'est déroulé sans moi, et ça me fait sourire. Ce camion a vraiment une vie propre. Dire que je pensais la vendre sous peu... Je sens que je ne pourrai pas tout de suite. Et puis, la Gaspésie m'appelle, de plus en plus, en même temps qu'un gros projet germe dans mon esprit... La stabilité, pour moi, ça n'arrivera pas de si tôt!
