
C'est fait, je suis revenue de ma dernière journée de travail à Sainte-Florence. Je ne sais pas si c'est parce que je me suis construite une armure anti-débordements d'émotions, mais toujours est-il que ça s'est fait sans pleurs ni grincements de dents. J'ai eu beau compter les dodos avant ce jour fatidique, j'ai l'impression que c'est maintenant que le stress commence. Mais wô minute comme le dit si bien la campagne de sensibilisation sur la sécurité dans le transport scolaire, j'ai vraiment besoin d'une journée bouette moi-là!
Tout à l'heure, j'ai dit au revoir à Mechoui et j'ai fait une dernière séance de câlins à 6927. Après avoir soigné tout le monde, j'ai pris le temps de passer un coup de balai et aidé une brebis à mettre au monde d'immenses triplets. Au moment de quitter la serre, j'ai aperçu une lumière printannière, lueur d'espoir que j'attendais tout l'hiver. C'est fou combien cet hiver a été dur. Mais c'est une des choses qui m'émerveille le plus dans mon métier; l'éternel recommencement, la roue qui tourne, comme pour nous rappeller qu'on fait partie de quelque chose de plus grand, d'immuable. Au fil des tours de cadran de régie, des quatre saisons, des routines, le monde évolue, mais au fond de tout ça, il y a toujours une certaine stabilité.
Je suis partie. Je vais vers un nouvel horizon. Je fonce vers l'inconnu. Et la peur que j'ai au fond de moi a quelque chose de rassurant...
