samedi 14 février 2009

Molson salue les vrais!

Grosse semaine, j'ai l'impression de vivre deux vies en même temps. Ça m'a pris quelques jours pour retrouver ma motivation à la bergerie. Ce n'est pas évident de faire comme si tout était normal en gardant en tête qu'il va falloir que je me revire de bord rapidement à un moment ou à un autre... Pour ajouter à tout cela, les problèmes se succèdent et on perd beaucoup d'agneaux. C'est une période d'agnelages difficile qui demanderait toute mon attention, mais j'ai l'esprit et le coeur occuppés ailleurs.


Je suis allée chercher Dolores au garage jeudi. Je ne l'ai toujours pas chaussée de pneus d'hiver neufs, et ceux que j'ai sont légaux, mais un peu trop usés. D'ici ma prochaine paye, je devrais pouvoir remédier à la situation. En attendant, j'ai les traction aid du père de mon boss (il m'a prise en pitié et m'en a fait cadeau...peu de gens réussissent à me faire des cadeaux aussi appropriés!) et des sacs de sable dans la boîte. Le vieux tape des Beatles est resté pris dans le lecteur, d'ici à ce que je prenne mes long nose pour le sortir de là, je me retrouve constamment dans des situations cocasses impliquant une toune des Beatles (par exemple rester pognée à virer dans l'beurre sur une plaque de glace sur un coin de rue avec "Obladi Oblada" qui te donne envie de rire comme une déficiente légère, ou ben étouffer sur "Don't let me down"). D'autres réparations mineures sont à prévoir avant mon grand départ, une histoire à suivre...


Une semaine déjà que je sais que je perdrai mes filles prochainement. Je dors un peu moins bien, je stresse, j'obsède sur toutes sortes de choses futiles. La peur de l'inconnu me prend certains jours, et il m'arrive de douter de mes capacités à entreprendre un tel voyage. Vendredi, je me suis pris une gomme et je suis allée ruminer dans le parc avec Mechoui, une vieille brebis apprivoisée qui a traversé son lot d'épreuve et qui a vécu une vie beaucoup plus palpitante que la majorité des filles du troupeau. Ce n'est pas une super brebis, elle est croisée et sa conformation laisse franchement à désirer. À son âge, je me demande bien ce qui adviendra d'elle lorsque le troupeau sera vendu. Est-ce que le prochain berger qui l'aura saura reconnaître qu'il s'agit d'une brebis extraordinaire?


Mechoui, elle, elle s'en fout. Elle mange, elle rumine, et quémande des caresses (ce qui est rare pour une brebis). Si tout s'est toujours passé pour le mieux pour elle, même quand elle a agnelé de quintuplés, même quand on l'a ramené dans sa bergerie natale après un long séjour à Québec, pourquoi est-ce que je m'inquiéterais pour moi?


Mes projets me semblent tellement gros, et je me demande quand est-ce que je vais pouvoir m'arrêter. Je suis tellement insatiable d'aventures et d'histoires hors du commun que je doute parfois de mon authenticité. Mas hey, j'suis une vraie moi, tellement que quand j'ouvre une caisse de bière, les bouteilles me saluent!