Hier soir j'ai été victime de rage au volant avec Dolores! Je revenais paisiblement de travailler à 70 km/h (dans une zone de 90) quand une petite voiture s'est mise à coller au derrière de mon camion et à me faire des appels de phares. Sur le coup, j'ai cru que le conducteur avait vu une quelconque défectuosité sur Dolores et j'ai donc ralenti. J'étais presque rendue chez moi quand il s'est mis à klaxonner comme s'il revenait d'une noce. C'est grave, que je me suis dit, je vais sûrement perdre une roue sous peu... Alors que je tournais dans ma cours, le chauffeur du véhicule a baissé sa vitre et s'est mis à me crier des injures, le genre de truc qui semblait venir du fond du coeur. Merde, que je me suis dit, j'au sûrement tué un enfant sans m'en rendre compte! Avant même que je n'aie le temps de remarquer le modèle de sa voiture, il est reparti en vitesse. Je n'y crois pas, j'ai vécu deux ans à Montréal sans voir une chose pareille. Je me demande ce qu'il ferait lui sur le Métropolitain un vendredi après-midi...
Ajourd'hui, jour de tonte à la bergerie. La tonte, ça fait frémir les bergers. C'est comme courir un marathon. Et quand tu sens que tu n'en peux plus, tu réalises que tu n'as pas encore passé la moitié.
Je suis debout à 4h30. J'engloutis un lait de poule à deux oeufs, le liquide, ça passe mieux que le solide avant que le soleil ne se lève. Et hop! J'embarque dans Dolores, en route pour la job. Chemin faisant, je remarque une odeur de plastique fondu, l'odeur que j'associe normalement à une fuite d'huile. Ça ne sent pas bon... Arrivée devant la ferme, mes freins ne mordent pas. Un cauchemard qui m'est déjà arrivé, cet été. Heureusement, il est tellement tôt qu'il n'y a personne sur la route, je réussis à revenir à la ferme et à me stationner en maniant le brake à bras (qui est à pied sur Dolo) comme une pro.
Bon, une fuite d'huile à brake... Il me faut juste de l'huile à brake pour me rendre au garage... Mais avant ça, la tonte... Un problème à la fois.
Une journée de tonte, ça ne se raconte pas, ça se vit. Quand c'est fini, il y a un bordel épouvantable à ramasser, et j'hallucine de la laine partout. Mes mains sont couvertes d'huile et de lanoline et mon nerf sciatique...ben il existe en crime!

Après je ne sais plus combien de voyages pour mettre des poches de laine sur le fenil, je dois prendre la voiture de la blonde du boss pour aller chercher plein d'huile à brake au village. Je suis tellement fatiguée que je me trompe et je mets l'huile à brake...dans le liquide de power steering. Pas un drame, mais mon pick-up ne brake pas plus.
J'ai donc fait les 20 km qui me séparaient du garage sans freins! La paranoïaque en moi soupçonne l'enragé au volant, l'animiste se dit que Dolores a été insultée... Qu'à cela ne tienne, demain, tout sera rentré dans l'ordre.
