Vendredi, enfin! Pour la première fois depuis près d'un mois, j'ai une vraie fin de semaine devant moi. Je me suis défoncée dans le travail toute la semaine, comme si j'avais quelque chose à prouver à quelqu'un, comme si le troupeau m'appartenait, comme si je devais mériter ces deux jours de congé. Je prends conscience de l'existence de mon nerf sciatique et je fantasme sur un set de draps de flanelle avec taies d'oreiller assorties. Je suis en pyjama depuis 17h, et mon chat m'engueule pour qu'on aille se coucher au plus vite. "Ta gueule, j'écris mon blogue!" On peut dire ta gueule à un chat (et aussi à une brebis), ce serait impoli de leur dire autre chose.
Ce serait trop long (et franchement ennuyeux pour moi) de relater tous les événements de cette semaine. J'irai donc avec une énumération étant donné que c'est rapide et impressionnant à la fois. En vrac donc, j'ai réparé le plancher de la grange qui a défoncé ce lundi, accidentellement arraché une conduite d'eau avec le bobcat, fait de la plomberie le reste de cet avant-midi-là, écrasé une brebis morte en bobcat pour ensuite constater qu'elle était gestante au moment de sa mort, démonté les igloos à agneaux en priant pour que les -40 ne reviennent plus jamais, assisté mon boss qui a vidé 4 rangées de fumier et mettons qu'on peut mettre un etc. ici. Ce ne sont que les événements dignes de mention selon moi. Il y en a plein d'autres, la vie de berger, c'est trépidant pour les néophytes; moi, j'ai besoin d'être un peu blasée, sinon, vous comprendrez que je capoterais ben raide!
J'ai très envie de vous faire ma chire bergère numéro 1 ici, mais il est tard, et mon chat se fait de plus en plus insistant. Elle a même commencé à employer des moyens de pression déloyaux pour me forcer à me lever de mon siège d'ordinateur. J'ai beau avoir tenté d'acheter la paix en la nourrissant, elle menace maintenant de faire tomber la vaisselle qui traîne sur le comptoir. J'ai un drame à régler. Et il faut que je dorme.
